Collège de ’Pataphysique
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Présentation

LA ’PATAPHYSIQUE
La plus vaste et la plus profonde des sciences, celle qui d’ailleurs les contient toutes en elle-même, qu’elles le veuillent ou non, la ’Pataphysique a été illustrée par Alfred Jarry dans l’admirable personne du Docteur Faustroll. Dans Gestes et opinions du docteur Faustroll, Alfred Jarry définit la ’Pataphysique comme la « science des solutions imaginaires ». Ces solutions sont des solutions particulières qu’on ne cherche pas à amalgamer en un grand Tout. La ’Pataphysique préfère l’exception au cas général. Elle ouvre ainsi un univers supplémentaire au nôtre où l’invention peut s’épanouir. Le Collège a admiré, chez le T.S. Boris Vian, sa « capacité inépuisable et multivalente d’engendrer des solutions imaginaires ».
Une autre source fondatrice est le Testament du premier Vice-Curateur du Collège, le docteur Sandomir, pour lequel « Nul n’est plus positif que le Pataphysicien : déterminé à tout placer sur le même plan, il est prêt à tout accueillir et cueillir avec même avenance ». C’est ce qu’on appelle le Principe d’Équivalence par lequel « la moindre casserole fabriquée en série équivaudrait la Nativité d’Altdorfer ». Les ready-made du T.S. Marcel Duchamp ont illustré cette attitude qui conduit à célébrer ce qui est délaissé ou ce qui s’oppose aux idées reçues, sans mépriser celles-ci. Le pataphysicien est admiratif de toutes choses, même les plus banales ou les plus absurdes.

LE COLLÈGE
Le Collège de ’Pataphysique a été créé en 1948 de l’ère vulgaire pour étudier ces problèmes, les plus importants et les plus sérieux de tous : les seuls importants et les seuls sérieux. Qu’on ne s’y trompe pas : il ne s’agit pas, comme le croient les naïfs qui prennent Jarry pour un satirique, de dénoncer les activités humaines et la réalité cosmique ; il ne s’agit pas d’afficher un pessimisme moqueur et un nihilisme corrosif. Au contraire, il s’agit de découvrir l’harmonie parfaite de toutes choses et en elle l’accord profond des esprits (ou des ersatz qui en tiennent lieu, peu importe). Il s’agit pour quelques-uns de faire consciemment ce que tous font inconsciemment.
Le Collège de ’Pataphysique s’adresse et ne peut s’adresser qu’à une minorité.
Ses travaux ont un caractère ambigu. L’observateur superficiel s’en amuse, parfois de bon cœur : il croit y découvrir des sottisiers cruels, des plaisanteries énormes ou subtiles, des collections de curiosités piquantes, des mises en boîte impitoyables… A-t-il tort ?
Celui qui regarde de plus près et qui suit quelque temps ces travaux s’aperçoit peu à peu qu’ils correspondent à une vue d’ensemble et à une psychologie toute nouvelle, au-delà du rire et peut-être du sourire. Jarry était imperturbable.

LES PUBLICATIONS
Les publications du Collège de ’Pataphysique comprennent une revue dont le titre générique, Viridis Candela, se décline en Cahiers, Dossiers, Subsidia Pataphysica, puis, durant l’Occultation (1975-2000), en Organographes, Monitoires et L’Expectateur parus sous l’enseigne du Cymbalum Pataphysicum, puis en Carnets trimestriels, en Correspondancier, en Publicateur et enfin, actuellement, en Spéculations du Collège de ’Pataphysique. Publication d’inédits, études érudites, spéculations pataphysiques, épiphanies de la Pataphysique involontaire, feuilletons, chantiers ouverts aux contributions des lecteurs en constituent l’essentiel. Avec le recul, on constate que ces travaux ont fondé la compréhension d’Alfred Jarry, de Raymond Roussel, de Julien Torma ; que le Collège a, le premier, publié le théâtre d’Ionesco (La Cantatrice chauve) et de Boris Vian (Les Bâtisseurs d’empire), ou les exercices de l’Oulipo et des autres Ouvroirs et que, au fil des sujets — de l’art de l’insulte à la vie des saints du Calendrier Pataphysique, de la contrepèterie à la merdecine, de la littérature policière à la Politique Potentielle, du tirant d’eau de l’arche de Noé à la célébration du Poil, de l’ironie homérique au théorème de Gödel — c’est un traité de Pataphysique qui apparaît en filigrane. L’Aberrance est universelle et la Science de cette aberrance l’est tout autant.
C’est pourquoi le Collège a par le Monde essaimé en de nombreux Instituts (argentin, milanais, limbourgeois, germain, suédois, londonien, hispanique, napolitain, batave, chinois…). Des traductions et anthologies en tchèque, slovaque, suédois, anglais, italien, allemand, nanterrois, polonais, castillan, néerlandais, arabe, chinois ou kosovar manifestent que, selon la prédiction de Sa Magnificence le Vice-Curateur Fondateur, le monde est, dans toute sa dimension, le véritable Collège de ’Pataphysique.

PRIVILÈGES
Les membres du Collège régulièrement inscrits ont droit chaque année à quatre numéros de Viridis Candela et en outre à deux Publications Internes hors commerce. Ces dernières ne se limitent pas au canal de l’écrit. Des timbres, des cartes postales, des affiches, des cassettes, des CD, des vêtements, divers artefacts ou des portfolios d’infographies originales ont été proposés aux membres.
En outre, lesdits membres ont le Droit de porter de jour comme de nuit l’insigne du Collège, de participer à ses Assises et Manifestations publiques et privées, d’user du Calendrier Pataphysique, etc. Ils ont la perspective, selon leurs mérites (pataphysiques) ou leurs états de service, d’accéder à la Hiérarchie, d’être intégrés à l’Ordre de la Grande Gidouille et d’être honorés par le Collège à leurs obsèques respectives. Ils ont le Privilège de lui verser des phynances.